La modernisation informatique de Desjardins prend des airs de tango mal préparé, forçant la coopérative à reculer deux fois plutôt qu'une face à la grogne de ses membres.
Le dernier faux pas concerne l'abolition prévue des cartes de crédit conjointes au profit d'une hiérarchie entre détenteur principal et secondaire, un changement dicté par les contraintes du logiciel américain Fiserv.
Cette modification a soulevé des craintes sérieuses liées à l'égalité des sexes et aux risques de violence économique, puisque le détenteur secondaire se voyait privé d'autonomie et d'historique de crédit.
Devant cette levée de boucliers et après un précédent cafouillage sur l'affichage des soldes en temps réel, Desjardins a sagement suspendu son projet de transition pour une durée indéterminée.
Cette situation illustre non seulement la difficulté de piloter des chantiers numériques colossaux, mais aussi les dangers d'une dépendance aux technologies étrangères qui ne répondent pas toujours aux valeurs ou aux besoins réels des clients locaux.
Écoutez la chroniqueuse économique Marie-Eve Fournier dans Le PM.