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Grand Prix d’Arabie Saoudite

Opération Tempête du désert

Opération Tempête du désert

Hamilton-Verstappen-Bottas. Sur papier, ce podium n’a rien d’inhabituel et si vous n’avez pas regardé le Grand Prix d’Arabie Saoudite, vous vous dites sans doute que vous n’avez pas manqué grand-chose… Erreur.

Dire que ce Grand Prix fut chaotique - comme on a pu le lire dans la plupart des reportages d’après-course - est l’euphémisme de l’année en Formule 1. Sauf que cette fois, il n’y a pas eu de vainqueur improbable, comme ce fut le cas en Hongrie, le 1er août (Esteban Ocon), ou à Monza, l’année dernière (Pierre Gasly). Cela dit, Ocon a quand même brièvement mené cette course folle, ne l’oublions pas.

On peut déjà présumer que ce sera l’un des meilleurs épisodes de «Drive To Survive», l’année prochaine, sur Netflix: incidents à répétition, revirements de situation, polémiques et politique, tout ça fait de la très bonne télé. Mais est-ce de la bonne course? Tout dépend de ce que vous aimez de la F1. Si c’est le «drama», vous avez eu la totale!

Où est le patron?

Je pose la question autrement: était-ce vraiment de la F1? Par moments, j’avais l’impression de regarder: 

  1. Une course de NASCAR des années 70
  2. Un combat de la WWE
  3. Un extrait du «Parrain»

Les pilotes qui s’invectivent et se foncent dedans à qui mieux mieux, les patrons d’écurie qui en rajoutent et un directeur de course (Michael, Masi) qui reprend le rôle de Vito Corleone en faisant «une offre qu’il ne peut refuser» au directeur de l’écurie Red Bull, tout cela était franchement surréaliste. Tous ces aspects donnent certes de la couleur à la F1, mais il est plutôt rare, voire rarissime, qu’on les retrouve tous dans la même course… 

Après la farce de Spa sous la pluie, au retour de la pause estivale, c’est un deuxième œil au beurre noir pour la F1. Pendant ce temps, les dirigeants de Liberty Media, le conglomérat à qui appartient la F1, appliquent la méthode Geoff Molson et brillent par leur absence. Idem pour la FIA, l’organisme qui régit le sport automobile. Leur inaction laisse le champ libre à Michael Masi, avec les résultats que l’on sait. 

Mauvais sang

Ce qui aurait pu être une course d’anthologie a donc été gâché par des jeux de coulisses, mais pas seulement. Même s’il a été élu pilote du jour - ce qui en dit long sur le jugement des amateurs, altéré par la lassitude causée par la domination de Mercedes -, Max Verstappen s’est de nouveau comporté en voyou. Il faut dire que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre: son père se bagarrait avec des parents lorsque fiston courait en karting et il l’a élevé en l’humiliant, le traitant de tous les noms quand il ne gagnait pas. Une rapide recherche sur Google révèle aussi que Jos Verstappen a été accusé, deux fois plutôt qu’une, de violence conjugale. Beau modèle.

On comprend aisément pourquoi Red Bull l’a tassé dans un coin. Le problème, c’est que l’écurie autrichienne, privée de championnat depuis sept ans, veut tellement gagner qu’elle ferme les yeux sur les agissements de son pilote. C’est d’autant plus dommage que ni Verstappen, ni Red Bull ne se grandissent en agissant de la sorte.

Arrivé en F1 à 17 ans (!), Mad Max est non seulement un surdoué, mais il est, j’ose le dire, le meilleur du peloton à l’heure actuelle. Toutes les écuries seraient prêtes à l’embaucher immédiatement, que ce soit en vue de l’obtention de résultats à court, moyen ou long terme. Mais en course automobile comme dans n’importe quel autre sport professionnel, le seul talent ne suffit pas. Si Hamilton, 36 ans, parvient à faire jeu égal avec un pur-sang de 12 ans son cadet, c’est en raison de son expérience et de son intelligence. 

Muhammad Ali et Sugar Ray Leonard ont forgé leur légende en battant des adversaires supérieurs en force brute. Comme eux, l’avantage de Lewis Hamilton se situe entre les deux oreilles, précisément là où Verstappen est le plus faible. Et quoiqu’en pensent les détracteurs du pilote britannique, il a encore fait la démonstration de son immense talent en inscrivant le meilleur tour en course malgré un aileron abîmé. Mais bon, il a déjà gagné une course sur trois roues, alors…

Surdoué cherche mentor

Verstappen a le talent pour être un multiple champion du monde, comme Lewis Hamilton. Mais s’il veut y parvenir, il devrait suivre l’exemple de son rival, qui a dû se résoudre à s’éloigner d’un père toxique, quitte à reconnecter avec lui quelques années plus tard. Hamilton a aussi eu le privilège de croiser la route du regretté Niki Lauda, qui fut le mentor dont il avait besoin. Pour l’instant, je ne vois personne avec une telle stature dans l’entourage de Verstappen, ni chez Red Bull.

En attendant, la finale d’Abou Dhabi s’annonce grandiose: les deux meilleurs pilotes de leur génération respective se retrouvent à égalité. Espérons seulement que le championnat se décidera sur la piste, et non en coulisses. Le cas échéant, ce serait un gâchis qui pourrait faire très mal à l’image, déjà abîmée, de la F1.

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