Alors que des municipalités comme Lévis et Saguenay envisagent d'installer des caméras dans les parcs pour lutter contre le vandalisme, et que la STM augmente sa surveillance dans le métro de Montréal, la présence de plus en plus de caméras dans notre quotidien suscite le débat.
Pour Dominique Peschard de la Ligue des droits et libertés, ce déploiement généralisé pose un problème fondamental: il banalise le droit à la vie privée, qui, explique-t-il, est en train d'être écarté de notre société.
À son avis, notre système se dirige «lentement mais sûrement» vers une forme d'autoritarisme qui est incompatible avec les valeurs d'une société démocratique, donnant l'exemple des milliers de caméras installées en Chine.
Écoutez Dominique Peschard, membre du Comité de surveillance des populations, intelligence artificielle et droits humains de la Ligue des droits et libertés, s'indigner du tout, mercredi, à L'instinct Marie-Eve.
Il rappelle que l'utilisation des caméras doit répondre à des normes strictes fixées par la Commission d'accès à l'information et être justifiée par un objectif précis, plutôt que d'être déployée de manière permanente et généralisée.
«On est en train de banaliser le droit à la vie privée. Le fait qu'on puisse se promener dans l'anonymat sans être surveillé en permanence [...] est complètement en train d'être évacué dans nos sociétés. Mais pourtant, ça fait partie des libertés démocratiques reconnues par nos chartes et c'est ce qui distingue une société démocratique d'une société totalitaire.»